Mounas Tété

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Nouvel Age d'Or de la Musique Camer Part I

La musique urbaine Camerounaise accuse-t-elle un retard sur le plan international ?

Nouvel Age d'Or de la Musique Camer Part I

Cette serie d'articles est une recherche de solution au retard international de la musique Camerounaise non pas sur le plan showbiz ou du divertissement (d’autres ont tant écrit là-dessus) mais plutôt sur le plan créatif et artistique. En effet, après l’âge d’or mené par ceux reconnus comme des légendes, l'industrie musicale Camerounaise n’a cessé d’évoluer, jusqu’à ce retrouver aujourd’hui à alterner le bon et le très mauvais.

Ce premier article a pour objectif de donner un très bref apercu de l'évolution de la musique urbaine Camerounaise lors de 30 dernières années.

Dans les années que je qualifierai de "Old but Gold", les années 70-90, la musique Camerounaise etait:

  • Multicolore: Chaque artiste essayait de faire rayonner le Cameroun en exposant sa culture (langues + sonorités).

  • Narrative: Créer de la musique signifiait raconter une histoire en proposant des œuvres sonores qui s’approchaient des chefs d’œuvre occidentaux de l’époque.

  • Internationale: Les gloires de cette époque rayonnaient à l’international ; certains se faisant même plagier leurs chefs d’œuvre par des monstres sacrés américains...

Les acteurs de cet age "Old but Gold" s’appellent Ben Decca, Manu Dibango, André-Marie Talla, Grâce Decca, Charlotte Mbango, Sam Fan Thomas…

 

 

Selon le producteur Consty Funk [source] « la filière de la musique était prospère, la qualité  des artistes, la présence de producteurs faisant correctement leur métier et la diversité des choix offerts aux  mélomanes tant du point de vue des genres de musique que de supports permettaient aux différents maillons de la chaine de gagner de l’argent et de vivre de la musique ». Une certaine éthique était prônée dans le milieu des artistes et la qualité des enregistrements des albums les rendaient  compétitifs aussi bien sur la scène nationale qu’internationale.

Ayant loupé le coche de la professionnalisation au début des années 2000 (absence de protection contre le piratage, mauvaise structuration), l’industrie musicale Camerounaise a sombré lentement et sûrement jusqu’à plonger dans un gouffre. Le pire est que la qualité des œuvres musicales a suivi la même courbe d’évolution. Les puristes se souviennent de cette phrase de Petit Pays sur les antennes de la télévision nationale, « Avant moi il y a eu des grands, mais après moi il n’y en aura plus.».

 

 

Cette perte d’éclat dénote selon moi d’une véritable problématique sociale. La Musique créée et consommée au Cameroun aujourd’hui n’est qu’un simple reflet de la population, laquelle a progressivement perdu plusieurs valeurs cardinales depuis le début du nouveau millénaire. Cela est, à mon avis consequence de l'influence culturelle des médias internationaux, ainsi que la defaillance du systeme éducatif local qui peine pas à transmettre les valeurs traditionalles africaines et mettre en valeur les œuvres africaines. Conséquences directes :

  • Les critères de beauté et d'élengance, masculine comme feminine ont changé et sont désormais un reflet de la societé américaine. Néanmoins ce constat n'est pas propre au Cameroun mais une résultante de l'impérialisme culturel américain à travers le monde.
  • Le talent des artistes africains est désormais jugé par une partie, certes pas majoritaire, du public jeune en fonction de leur collaborations avec des artistes américains, tandis que des ainés dans l'industrie tels  Angélique Kidjo recoivent des reconnaisances internationales, dans ce cas, 2 Grammys du "Best World Music Album" avec ses albums ‘Eve’ et ‘Sings’ en 2015 et 2016.

 

 

Enfin, les nouvelles technologies de la communication et de l'information ainsi que les réseaux sociaux ont un effet que je qualifierai de néfaste sur l'industrie musicale Camerounaise. Il est à noter néanmoins que ces technologies participent grandemant à la démocratisation de la musique urbaine, facilitant l'accèss à des copies (piratées ou non) des oeuvres artistiques. Mais alors, cette démocratisation vient avec un véritable problème: la chasse au buzz:

  • Le public n’a plus de vraies discussions, vit dans la nouveauté, et réclame de la nouveauté (en terme de news et multimédia) en permanence, au mepris dans certains cas de le qualite artistique.

  • Les artistes, dans une certaine mesure, ne trouvent plus important de faire des albums ou des projets.

 

 

Suite à toutes ses influences, la jeunesse africaine en général et Camerounaise en particulier, a fini progressivement à se regrouper autour de 2 principales communautés très divergentes sur la façon de concevoir les œuvres musicales et de les consommées. Chaque communauté a fini par engendrer en son sein sa propre académie en terme de création musicale. 

Part II

 

#Article #Musique #Rap #Soul

Publié le

05 November 2016

Ecrit par

Pascal-Olivier
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